Rivière amoureuse, robes en papier

« Rivière amoureuse 1 » et « Rivière amoureuse 2 dans ma danse »

Robes en papier de mûrier, peuplier et yucca nature ou teint à la garance

Née de l’amour, la robe « Rivière amoureuse » m’interroge sur la place à prendre, au coeur d’elle, au coeur de moi, chair qui se fait surface.

Rivière amoureuse 1, robe en papier d'Aïdée Bernard Rivière amoureuse 1, robe en papier d'Aïdée Bernard« Rivière amoureuse 1 »

Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée BernardRivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard

J’étais faite pour ton malheur,

parfaite même, pour ton malheur.

Je n’étais pas faite pour ton bonheur.

Je l’ai compris à mi chemin,

même si pour ça,

je me suis donnée toute entière.

Tu as parfaitement tout accepté de moi

et j’ai parfaitement accepté tout de toi.

Nous nous sommes séparés, presque sans nous rencontrer.

Ou si peu…

J’étais faite pour ton absence,

forte absence de toi,

forte présence du manque en moi.

J’étais faite pour te rencontrer.

Frustrée,

en attente,

je t’avais cherché, espéré.

Et puis un jour,

sans ciller, te voir, te regarder.

Les larmes s’accordent et surgissent.

Me consommer sans te consumer,

parce qu’une autre est en toi,

ce fut ton plus beau cadeau.

L’absence était fascinante chez toi.

Juste suffisamment d’attirance,

une histoire reliée depuis l’enfance,

ont fait que parfaitement,

je me suis éprise de toi.

Parfaite méprise de moi.

Tu me renvoies à tout cet amour,

reçu,

manqué,

cet amour qui cache

pour toi, l’impossible à incarner,

pour moi, les disparus jamais vus.

Cet amour maintenant, à la verticale,

je l’absorbe et le rends,

une fontaine autour de moi.

Quel bain, mon amour, j’ai reçu avec toi !

Quel délice, cette source sans fin, quand il a plu autour de moi !

Quelle joie, mes audaces, quand j’ai gagné ma place,

toute belle avec vous en moi.

Je me suis accouchée douloureuse,

sur le chemin de mes 45 ans.

Accroupie sur le bord de la route,

sachant qu’il faudrait marcher encore,

traverser l’orage et ramper

sous le couvert des feuilles, dans l’humus généreux, meuble et chaud,

avec ce printemps là, au creux de l’être.

J’étais faite pour mon bonheur

parfaite même, pour mon bonheur.

Du ciel , l’éclair a jailli, cet été là.

 

Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard

De ma soeur morte

je porte le prénom

un e muet en plus

poids de l’absence

l’entendez vous mon e muet lorsqu’en creux j’écris en filigrane ?

Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée BernardRivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard

Je porte les rêves
parce que je suis absente.
Et quand je suis absente,
c’est pour ne pas voir
nos rêves
se briser
sur les côtes
des rives,
où le souffle
ne respire plus
la vie.
Méditerranée,
terre du milieu,
quels rêves portes-tu encore?
Porter les rêves
c’est regarder l’absence en face,
et dire, oui, il reste une place pour la poésie,
parce que la vie a goût de mouvement
et que par vague,
quand j’accepte le malheur
de la perte
de l’un d’entre nous,
je m’accepte un peu plus présente.
C’est à dire, infiniment, petitement,
à tout petits pas,
un tout petit peu plus juste,
d’abord en colère puis triste
et que j’aime encore cette écume salée
au fond de ma gorge et sur ma langue.

Rivière amoureuse 2 dans ma danse, robe en papier d'Aïdée Bernard« Rivière amoureuse 2 dans ma danse »

Pourquoi me séparer d’elle,

pourquoi ne pas l’accepter en moi aussi,

identités plurielles, identité qui es-tu?

 

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Un commentaire

  1. Grosse
    9 juillet, 2017
    Répondre

    eh ben, ça va droit au creux de toi, avec allers-retours présent-passé présentifié, avec audace de la robe, des postures; à la fois exprimé avec netteté quand on te connaît, plus discret pour les autres qui ne te connaissent pas mais peuvent deviner beaucoup; évidemment, je te trouve belle, sensuelle mais aussi tragique dans tes abandons, tes ouvertures, tes appels du corps; bref, ça me touche, ça me trouble
    une faute: quelle joie

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