Rivière amoureuse, robes en papier

Rivière amoureuse 1

Robe en papier de mûrier, peuplier et yucca nature ou teint à la garance.

Née de l’amour, la robe « Rivière amoureuse » m’interroge sur la place à prendre, au cœur d’elle, au cœur de moi, chair qui se fait surface.

Pourquoi me séparer d’elle, pourquoi ne pas l’accepter en moi aussi, identités plurielles, identité qui es-tu?

Rivière amoureuse 2 dans ma danse

J’étais faite pour ton malheur,
parfaite même, pour ton malheur.
Je n’étais pas faite pour ton bonheur.
Je l’ai compris à mi chemin,
même si pour ça,
je me suis donnée toute entière.

Tu as parfaitement tout accepté de moi
et j’ai parfaitement accepté tout de toi.
Nous nous sommes séparés, presque sans nous rencontrer.
Ou si peu…
J’étais faite pour ton absence,
forte absence de toi,
forte présence du manque en moi.
J’étais faite pour te rencontrer.
Frustrée,
en attente,
je t’avais cherché, espéré.

Et puis un jour,
sans ciller, te voir, te regarder.
Les larmes s’accordent et surgissent.
Me consommer sans te consumer,
parce qu’une autre est en toi,
ce fut ton plus beau cadeau.
L’absence était fascinante chez toi.
Juste suffisamment d’attirance,
une histoire reliée depuis l’enfance,
ont fait que parfaitement,
je me suis éprise de toi.
Parfaite méprise de moi.

Tu me renvoies à tout cet amour,
reçu,
manqué,
cet amour qui cache
pour toi, l’impossible à incarner,
pour moi, les disparus jamais vus.

Cet amour maintenant, à la verticale,
je l’absorbe et le rends,
une fontaine autour de moi.
Quel bain, mon amour, j’ai reçu avec toi !
Quel délice, cette source sans fin, quand il a plu autour de moi !
Quelle joie, mes audaces, quand j’ai gagné ma place,
toute belle avec vous en moi.

Je me suis accouchée douloureuse,
sur le chemin de mes 45 ans.
Accroupie sur le bord de la route,
sachant qu’il faudrait marcher encore,
traverser l’orage et ramper
sous le couvert des feuilles, dans l’humus généreux, meuble et chaud,
avec ce printemps là, au creux de l’être.

J’étais faite pour mon bonheur
parfaite même, pour mon bonheur.
Du ciel , l’éclair a jailli, cet été là.

Aïdée Bernard, 24 juin 2017

Rivière amoureuse 3

 

« Mon désir d’être désirée.

Se laisser glisser dans l’attrait

sans savoir où il va

si c’est bien, si c’est mal,

arrêter de voir la dualité

là où tout me rejoint,

vive, libre de réjouissance.

Éveil gourmand,

sensation d’être pleine

de cette vie qui pétille

dans la chair de mon être.

Être celle qui se laisse traverser. »

 

Aïdée Bernard 2017